{"html":"<p>Le 4 novembre, à 7h53, mon assistant IA me confirme qu’il vient de réserver mon prochain match de padel.</p><p>Terrain réservé. 84 € payés. Invitations envoyées aux trois autres joueurs. Parfait.</p><p>Rien d’exceptionnel à ce stade. Depuis deux mois, il m’a organisé une dizaine de parties sans le moindre problème. Il a créé mon compte sur la plateforme de réservation, trouvé les créneaux disponibles, réservé les terrains, effectué les paiements et envoyé les invitations. Tout ça à partir de simples messages WhatsApp.</p><p>Franchement, c’est bluffant.</p><p>Sauf que ce matin-là, je lui demande de vérifier les conditions d’annulation. Il clique sur le mauvais bouton. <strong>Il annule la réservation qu’il vient d’effectuer.</strong></p><p>Quand je lui demande pourquoi, il reconnaît immédiatement son erreur. Je l’autorise à réserver à nouveau exactement le même terrain, au même horaire. Le premier paiement de 84 € est remboursé.</p><div class=\"article-screenshot-row\" style=\"justify-content:center\"><figure style=\"max-width:20rem\"><img src=\"/images/articles/assistant-ia-75-jours/screen-padel-annulation-4-nov.webp\" alt=\"Échange WhatsApp reconstitué du 4 novembre 2026 : Instinct reconnaît avoir annulé le match par erreur en cherchant les conditions d’annulation, propose de reprendre le même terrain à 17h pour 84 € et attend un « Oui » avant de payer.\" loading=\"lazy\" width=\"1043\" height=\"1508\"><figcaption>Reconstitution de l’échange du 4 novembre. L’assistant reconnaît l’erreur et attend mon accord avant de payer une seconde fois.</figcaption></figure></div><p>Détail qui compte : avant de reprendre le terrain, il m’a demandé mon autorisation. Il a précisé que cela ferait un second débit de 84 €, que le remboursement du premier n’était pas encore confirmé, et que l’invitation dans l’agenda était toujours en place. Il ne m’a pas mis devant le fait accompli une deuxième fois.</p><p>Bilan : aucune perte financière, aucune partie manquée. Mais cet épisode résume assez bien ce que j’ai découvert en 75 jours.</p><blockquote><strong>Les assistants IA sont devenus suffisamment performants pour qu’on leur fasse confiance. Mais ils ne sont pas encore suffisamment fiables pour qu’on arrête de les surveiller.</strong></blockquote><h2>De ChatGPT à l’assistant qui fait les choses à ma place</h2><p>Depuis le 22 août 2026, je teste <a href=\"https://app.instinct.com/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Instinct</strong></a>, un assistant IA personnel auquel j’ai progressivement confié une partie de mon quotidien, personnel comme professionnel. En parallèle, j’ai aussi expérimenté <a href=\"https://grok.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Grok</a>, avec la même question en tête : comment un assistant IA peut-il dépasser le simple échange de questions-réponses ?</p><p>Demander à une IA de rédiger un mail, de résumer un PDF ou de préparer une présentation, ce n’est plus nouveau. Ce qui m’intéresse, c’est <strong>sa capacité à exécuter des tâches à ma place</strong>.</p><table><thead><tr><th>Un chatbot classique</th><th>Un assistant qui agit</th></tr></thead><tbody><tr><td>m’explique comment réserver un terrain de padel</td><td>réserve le terrain</td></tr><tr><td>m’explique comment résilier un abonnement</td><td>effectue la résiliation</td></tr><tr><td>me propose une stratégie de prospection</td><td>identifie les contacts, prépare les messages, suit les relances</td></tr></tbody></table><p>La différence est énorme. Dans un cas, je reste l’opérateur. Dans l’autre, je deviens le donneur d’ordre. C’est la même logique que celle de <a href=\"/article/mon-ceo-est-une-ia\">mon CEO virtuel qui m’écrit tous les soirs</a>, mais appliquée cette fois à mon quotidien.</p><p>Ce qui m’a séduit avec Instinct, c’est la simplicité de l’interaction. Tout se passe principalement depuis WhatsApp. Je lui écris comme à un collaborateur :</p><ul><li>« Trouve-moi un créneau de padel dimanche. »</li><li>« Vérifie si ce vol a baissé. »</li><li>« Prépare une réponse à ce prospect. »</li><li>« Résilie cet abonnement. »</li></ul><p>Pas de nouvelle interface à apprendre. Au fil des semaines, j’ai pris l’habitude de lui envoyer plusieurs demandes par jour, parfois dès 6h du matin et jusqu’à 23h. Et je me suis mis à lui déléguer des choses que je n’aurais même pas envisagé de confier à une IA quelques mois plus tôt.</p><p>Le 4 novembre, je lui ai demandé de dresser l’inventaire de l’ensemble de nos échanges depuis mon inscription : tâches réalisées, échecs, erreurs, et leurs conséquences. Pas un rapport marketing. Un relevé. C’est sur cette base, recoupée avec mes propres souvenirs, que j’ai écrit cet article. Les captures qui l’illustrent sont des reconstitutions fidèles de nos échanges, avec les données personnelles masquées.</p><h2>Le padel : dix réservations et presque zéro intervention</h2><p>C’est l’exemple le plus parlant. Au départ, je voulais simplement qu’il me trouve des créneaux compatibles avec mes contraintes. Il a fini par prendre en charge quasiment tout le processus :</p><ol><li>création du compte sur la plateforme de réservation ;</li><li>recherche des disponibilités ;</li><li>réservation du terrain ;</li><li>paiement ;</li><li>invitations aux autres joueurs.</li></ol><p><strong>Une dizaine de parties organisées en deux mois.</strong> Je n’ouvre plus l’application de réservation. Je ne cherche plus de terrain. Je ne coordonne plus les joueurs. Je dis ce que je veux faire, il s’occupe du reste.</p><p>Malgré l’incident du 4 novembre, corrigé sans conséquence financière, c’est l’usage qui m’a le plus convaincu. Parce que c’est une tâche récurrente, bien cadrée, avec un résultat facile à vérifier : soit le terrain est réservé, soit il ne l’est pas.</p><h2>La prospection a décroché un vrai rendez-vous commercial</h2><p>J’ai confié à Instinct une partie des actions LinkedIn de <a href=\"/levolia\">Levolia</a>, mon entreprise : recherche de profils pertinents, préparation des messages, campagnes InMail et suivi des réponses.</p><p><strong>Résultat : un rendez-vous commercial obtenu avec un grand groupe agroalimentaire, et une seconde piste intéressée.</strong> Un rendez-vous n’est pas un contrat signé. Mais obtenir un rendez-vous avec un prospect qualifié, c’est un résultat concret, et qui ne m’a demandé que très peu de temps.</p><p>L’assistant a aussi envoyé <strong>115 invitations à suivre notre page LinkedIn en deux jours</strong>. Sur la même période, le nombre d’abonnés est passé de <strong>233 à 248</strong>. Je ne peux pas affirmer que ces 15 nouveaux abonnés viennent uniquement des invitations. Ce que je peux affirmer, c’est que l’action a bien été réalisée, et qu’elle ne m’a quasiment rien coûté en temps.</p><h2>Les petites tâches qu’on repousse sont celles qu’il règle le mieux</h2><p>C’est là que j’ai gagné le plus de confort. Voici, sans tri, ce qui a été fait :</p><ul><li>une <strong>résiliation d’abonnement TV</strong> (Canal+) effectuée et confirmée ;</li><li>une <strong>réclamation déposée</strong> après un double débit de parking à l’étranger, prise en charge par le service client ;</li><li>des <strong>courriers administratifs</strong> préparés ;</li><li>des <strong>reçus fiscaux</strong> renommés et classés ;</li><li><strong>plusieurs centaines d’anciens emails</strong> déplacés à la corbeille ;</li><li>des <strong>présentations commerciales et des PDF</strong> préparés ;</li><li>des <strong>codes promotionnels testés</strong> directement dans un panier d’achat, avec une réduction réellement obtenue.</li></ul><p>La résiliation est un bon exemple. Une phrase envoyée à 8h51. À 9h24, la résiliation était enregistrée, avec la date de fin, l’absence de frais, la possibilité d’annuler et l’email de confirmation.</p><div class=\"article-screenshot-row\" style=\"justify-content:center\"><figure style=\"max-width:20rem\"><img src=\"/images/articles/assistant-ia-75-jours/screen-resiliation-canal-5-sept.webp\" alt=\"Échange WhatsApp reconstitué du 5 septembre 2026 : demande de résiliation de l’abonnement Canal+ à 8h51, puis confirmation d’Instinct à 9h24 avec fin d’abonnement au 30/11/2026, sans frais, annulable depuis l’espace client.\" loading=\"lazy\" width=\"1064\" height=\"1478\"><figcaption>Reconstitution de l’échange du 5 septembre. Une demande en une phrase, une démarche bouclée 33 minutes plus tard.</figcaption></figure></div><p>Prise individuellement, aucune de ces tâches n’est extraordinaire. Mais additionnées, elles représentent beaucoup de temps et surtout beaucoup de charge mentale. Ce sont exactement les tâches qu’on note dans un coin, qu’on repousse à « ce week-end », et qui finissent par traîner trois semaines.</p><p>La satisfaction de pouvoir simplement écrire « occupe-toi de ça » est difficile à décrire tant qu’on ne l’a pas vécue.</p><h2>Le meilleur moment : quand il repère ce que j’avais oublié</h2><p>J’ai aussi utilisé Instinct pour préparer des déplacements familiaux. Il a importé plusieurs dizaines d’événements dans un calendrier, suivi l’évolution des prix de billets d’avion et vérifié les formalités de voyage.</p><p>C’est à cette occasion qu’il a repéré qu’<strong>une autorisation de voyage concernant l’un de mes enfants était expirée</strong>. Typiquement le genre de détail qui peut transformer un départ en cauchemar à l’aéroport.</p><p>C’est probablement l’aspect le plus prometteur de ces assistants. On ne leur demande plus seulement d’exécuter une tâche. On commence à attendre d’eux qu’ils <strong>identifient des problèmes auxquels on n’avait pas pensé</strong>.</p><h2>Le vrai changement : l’IA commence à connaître notre contexte</h2><p>Avec un chatbot classique, on passe beaucoup de temps à expliquer. Qui on est. Ce qu’on fait. Avec qui on travaille. Les contraintes du projet. Les décisions déjà prises. Puis quelques jours plus tard, on recommence.</p><p>Avec un assistant personnel qui dispose d’une mémoire et d’un accès à nos outils, cette logique change. Il peut retrouver un échange passé, croiser un calendrier et des messages, se souvenir d’une préférence ou tenir compte d’une décision précédente.</p><p>C’est particulièrement utile quand on gère plusieurs projets en parallèle. On compare sans cesse les modèles : leur raisonnement, leur vitesse, leur capacité à coder, leurs scores aux benchmarks. Mais dans la vie quotidienne :</p><blockquote><strong>Un assistant qui connaît correctement votre contexte peut être plus utile qu’un modèle plus intelligent qui ne sait rien de vous.</strong></blockquote><p>À une condition : que cette mémoire soit fiable. Une mémoire qui se trompe est pire qu’une absence de mémoire, parce qu’on lui fait confiance.</p><h2>Quand l’assistant se trompe, ce n’est plus juste une mauvaise réponse</h2><p>Quand un chatbot donne une mauvaise information, on peut généralement la corriger avant de s’en servir. L’erreur reste sur l’écran. Quand une IA a accès à vos applications, une erreur peut <strong>produire immédiatement une conséquence</strong> dans le monde réel. J’en ai eu plusieurs exemples.</p><h3>Un compte scolaire temporairement bloqué</h3><p>En voulant récupérer une circulaire sur <a href=\"https://www.ecoledirecte.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">EcoleDirecte</a>, la plateforme de suivi scolaire, Instinct a multiplié les tentatives de connexion. Résultat : le compte familial a été temporairement verrouillé. Il m’a signalé l’incident le soir même, avec la marche à suivre pour débloquer le compte.</p><div class=\"article-screenshot-row\" style=\"justify-content:center\"><figure style=\"max-width:20rem\"><img src=\"/images/articles/assistant-ia-75-jours/screen-ecoledirecte-verrouillage-11-sept.webp\" alt=\"Message WhatsApp reconstitué du 11 septembre 2026 à 22h52 : Instinct signale que la récupération d’une circulaire le matin a verrouillé temporairement le compte EcoleDirecte Famille après trop de tentatives, et indique comment le débloquer.\" loading=\"lazy\" width=\"1064\" height=\"1478\"><figcaption>Reconstitution du message du 11 septembre. Transparent sur l’erreur et la solution, mais envoyé à 22h52 pour un incident du matin.</figcaption></figure></div><p>Deux enseignements. D’abord, un humain se serait arrêté après deux échecs pour vérifier le mot de passe. L’assistant, lui, a insisté. Ensuite, la transparence est là, mais le délai compte : un compte bloqué toute la journée, c’est le genre d’information qu’on veut avoir tout de suite.</p><h3>Une invitation envoyée sans mon accord</h3><p>Je lui ai demandé de me montrer les détails d’une invitation professionnelle <strong>avant</strong> l’envoi. Il les a affichés. Puis, trois minutes plus tard, il a envoyé l’invitation sans attendre ma confirmation.</p><p>Ce n’est pas dramatique. Mais ce n’est pas acceptable non plus. Depuis, j’applique une règle simple : <strong>aucun envoi en mon nom sans mon « oui » explicite</strong>.</p><h3>Des informations erronées, parfois sur des sujets importants</h3><table><thead><tr><th>Erreur</th><th>Ce qui a été évité</th></tr></thead><tbody><tr><td>Un taux de crédit d’impôt innovation incorrect</td><td>Rectifié avant toute décision</td></tr><tr><td>Un nom de domaine annoncé disponible alors qu’il ne l’était pas</td><td>Achat arrêté avant paiement</td></tr><tr><td>Une date administrative provenant de la mauvaise académie</td><td>Corrigée</td></tr><tr><td>Un diagnostic technique donné avec assurance</td><td>Rétracté le lendemain</td></tr></tbody></table><p>Ces erreurs ressemblent à celles qu’on connaît déjà avec les IA génératives. Mais elles deviennent beaucoup plus sensibles quand le modèle peut <strong>poursuivre une action</strong> sur la base d’une information fausse. Un assistant capable d’agir devrait être encore plus prudent quand il n’est pas certain de ce qu’il affirme. Or le ton reste le même, qu’il soit sûr de lui ou qu’il se trompe. C’est à vous de faire la différence.</p><h2>Automatiser les réseaux sociaux : j’ai mis en pause après quatorze essais</h2><p>J’ai beaucoup expérimenté l’automatisation des réseaux sociaux : préparation de posts, commentaires LinkedIn, veille quotidienne, programmation des publications, suivi des interactions. Sur le papier, c’est parfait. Dans la pratique :</p><ul><li>des posts trop génériques ;</li><li>des formulations répétitives ;</li><li>des actualités anciennes présentées comme récentes ;</li><li>des messages qui inventaient parfois des éléments de contexte ;</li><li>des textes parfaitement structurés qui ne ressemblaient pas à ce que j’aurais écrit moi-même.</li></ul><p>Je lui ai même demandé d’analyser mes publications précédentes plutôt que de continuer à me proposer des textes interchangeables. <strong>Après quatorze nouvelles propositions jugées insuffisantes, j’ai mis cette partie en pause.</strong></p><p>Publier plus souvent n’a aucun intérêt si c’est pour publier moins bien. L’IA peut être un excellent assistant éditorial, comme pour <a href=\"/article/comment-jai-construit-tableau-de-bord-linkedin-x-sans-api\">la collecte de mes statistiques LinkedIn et X</a>. Je ne suis pas convaincu qu’elle doive devenir l’auteur et l’éditeur final de nos communications.</p><h2>Ce qui reste impossible, même avec un assistant autonome</h2><p>Toutes les applications ne se laissent pas piloter par une IA.</p><ul><li><strong>Les billets de concert.</strong> Après des semaines de recherches et d’alertes sur plusieurs concerts très demandés, aucun billet obtenu. Certaines plateformes ont des protections contre les robots. D’autres affichent des disponibilités qui disparaissent au moment de réserver.</li><li><strong>LinkedIn.</strong> Certains commentaires automatisés ont commencé à être filtrés, puis à disparaître.</li><li><strong>X.</strong> Des bugs d’édition ont provoqué la publication de posts tronqués, qu’il a fallu supprimer.</li></ul><p>Pour LinkedIn et X, on est revenus à une méthode beaucoup plus simple : <strong>l’IA prépare le texte, je le publie moi-même</strong>. D’autres tâches ont échoué faute d’accès aux bons comptes, ou parce qu’une vérification n’a pas pu être finalisée.</p><p>Il existe donc un fossé entre ce qu’un agent sait théoriquement faire et ce que les applications l’autorisent réellement à faire. Ce n’est pas qu’un problème de modèle. C’est aussi une question d’intégration, de permissions et de fiabilité des interfaces : un bouton mal identifié suffit à faire dérailler une action.</p><h2>Ce que je délègue désormais, et ce que je garde</h2><p>Au départ, je voulais donner un maximum d’autonomie à l’assistant. Après tout, si je dois confirmer chaque action, quel est l’intérêt ? L’expérience m’a fait changer d’avis. Aujourd’hui, je raisonne en niveaux de délégation.</p><div class=\"delegation-scale\" role=\"group\" aria-label=\"Mon échelle de délégation à un assistant IA\"><p class=\"delegation-end\">↓ L’IA agit seule</p><details class=\"delegation-level\" open><summary><span class=\"delegation-num\">01<span class=\"delegation-meter\" aria-hidden=\"true\"><i class=\"on\"></i><i class=\"on\"></i><i class=\"on\"></i><i class=\"on\"></i></span></span><span class=\"delegation-title\"><strong>Autonome</strong><span class=\"delegation-sub\">Recherche, tri, surveillance</span><span class=\"delegation-rule\">Je laisse faire</span></span></summary><div class=\"delegation-body\"><p><strong>Exemples :</strong> retrouver une facture, classer des reçus fiscaux, surveiller le prix d’un vol, vérifier des formalités de voyage.</p><p><strong>Pourquoi cette règle :</strong> rien ne part vers l’extérieur. Au pire, je refais la recherche. C’est aussi à ce niveau qu’il a repéré l’autorisation de voyage expirée.</p></div></details><details class=\"delegation-level\"><summary><span class=\"delegation-num\">02<span class=\"delegation-meter\" aria-hidden=\"true\"><i class=\"on\"></i><i class=\"on\"></i><i class=\"on\"></i><i></i></span></span><span class=\"delegation-title\"><strong>Il prépare, je valide</strong><span class=\"delegation-sub\">Tout ce qui part en mon nom</span><span class=\"delegation-rule\">J’envoie ou je dis « oui »</span></span></summary><div class=\"delegation-body\"><p><strong>Exemples :</strong> message commercial, invitation professionnelle, courrier administratif.</p><p><strong>Pourquoi cette règle :</strong> l’invitation qu’il a envoyée trois minutes après m’en avoir montré les détails, sans attendre ma confirmation.</p></div></details><details class=\"delegation-level\"><summary><span class=\"delegation-num\">03<span class=\"delegation-meter\" aria-hidden=\"true\"><i class=\"on\"></i><i class=\"on\"></i><i></i><i></i></span></span><span class=\"delegation-title\"><strong>Je valide la dépense</strong><span class=\"delegation-sub\">Tout ce qui engage de l’argent</span><span class=\"delegation-rule\">Je confirme le montant et les conditions</span></span></summary><div class=\"delegation-body\"><p><strong>Exemples :</strong> réservation payante, achat, abonnement.</p><p><strong>Pourquoi cette règle :</strong> la réservation de padel à 84 € annulée par erreur. Depuis, il vérifie les conditions d’annulation avant de réserver et me demande mon accord avant tout nouveau débit.</p></div></details><details class=\"delegation-level\"><summary><span class=\"delegation-num\">04<span class=\"delegation-meter\" aria-hidden=\"true\"><i class=\"on\"></i><i></i><i></i><i></i></span></span><span class=\"delegation-title\"><strong>Je garde la main</strong><span class=\"delegation-sub\">Ma voix publique</span><span class=\"delegation-rule\">Il propose, je réécris et je publie</span></span></summary><div class=\"delegation-body\"><p><strong>Exemples :</strong> posts et commentaires sur LinkedIn et X.</p><p><strong>Pourquoi cette règle :</strong> quatorze propositions jugées insuffisantes, des commentaires filtrés sur LinkedIn et des posts tronqués sur X.</p></div></details><p class=\"delegation-end\">Je garde la main</p></div><p class=\"delegation-hint\">Touchez un niveau pour voir les exemples et l’incident qui a fixé la règle. Les barres indiquent l’autonomie laissée à l’IA.</p><p>La question à se poser n’est pas « est-ce que l’IA sait le faire ? ». C’est : <strong>« si elle se trompe, est-ce que je peux revenir en arrière facilement ? »</strong></p><p>Ces limites se sont construites à partir des incidents, et Instinct a intégré certaines corrections. Après le padel, il vérifie les conditions d’annulation <em>avant</em> de réserver. Après l’invitation envoyée sans autorisation, il attend une validation explicite. Après les problèmes de publication, l’envoi direct sur les réseaux sociaux a été suspendu.</p><p>C’est encourageant. Mais il faudra voir si ces règles tiennent dans la durée. Un assistant vraiment fiable ne devrait pas avoir besoin de commettre une erreur pour comprendre qu’une action irréversible demande une confirmation.</p><h2>Les applications pourraient devenir invisibles</h2><p>Pendant des décennies, on a appris à utiliser des logiciels. On ouvre une application, on navigue dans des menus, on remplit des formulaires, on valide. Avec les assistants personnels, cette logique s’inverse : <strong>on exprime une intention, et c’est l’assistant qui utilise les logiciels</strong>.</p><p>Pour organiser une partie de padel, je n’ai pas envie de passer dix minutes dans une application. Je veux jouer dimanche, avec mes amis, pas trop loin de chez moi. Et j’aimerais que le reste se fasse tout seul.</p><p>Mes essais avec Instinct et Grok vont dans le même sens : la valeur de ces assistants ne se mesurera plus seulement à la qualité de leurs réponses, mais à ce qu’ils savent faire dans notre environnement réel.</p><p>Pour les éditeurs de logiciels, c’est une évolution majeure. Demain, l’utilisateur n’ouvrira peut-être plus votre application. Il demandera à son assistant de le faire. Les applications ne disparaîtront pas forcément, mais elles pourraient devenir invisibles. C’est la même question que je posais à propos de <a href=\"/article/reprendre-controle-site-avenir-cms\">l’avenir des CMS</a> : quand des agents agissent à notre place, la valeur se déplace vers les droits, la validation et la confiance.</p><h2>Le prix à payer : une IA qui sait presque tout de nous</h2><p>Pour être aussi utile, un assistant personnel a besoin de beaucoup de contexte : mes emails, mon agenda, mes déplacements, mes documents, mes relations professionnelles, parfois des informations sur mes enfants. Plus on lui donne accès, plus il peut aider. Mais plus il en sait, plus les conséquences d’une mauvaise gestion de ces données sont lourdes.</p><ul><li>Qui a accès à cette mémoire ?</li><li>Combien de temps les informations sont-elles conservées ?</li><li>Peut-on supprimer précisément ce qu’on ne veut plus partager ?</li><li>Que se passe-t-il si on change d’assistant ?</li></ul><p>Un assistant qui nous accompagne pendant plusieurs années pourrait finir par posséder une connaissance extrêmement détaillée de notre vie. Je ne suis pas certain qu’on ait encore mesuré toutes les implications de cette évolution.</p><h2>Alors, est-ce que je vais continuer ?</h2><p>Oui, clairement. Pas parce que tout fonctionne parfaitement. Mais parce que les résultats sont là : une dizaine de parties de padel organisées sans effort, un rendez-vous commercial décroché, des démarches administratives réalisées, des déplacements organisés, une information importante détectée avant qu’elle ne devienne un problème.</p><p>En face, il y a les erreurs, les blocages techniques et les moments où je dois reprendre la main. <strong>Le gain de temps est réel sur certaines tâches, mais je n’ai pas de mesure assez fiable pour annoncer un nombre d’heures économisées.</strong> Je préfère le dire plutôt que d’inventer un chiffre spectaculaire.</p><p>Après 75 jours, je ne considère pas Instinct comme un assistant à qui je pourrais confier aveuglément mon quotidien. Mais je ne le considère plus comme un simple chatbot. Il fait déjà des choses que je faisais moi-même il y a quelques mois. Et une fois qu’on a goûté à cette manière de fonctionner, il devient difficile de revenir en arrière.</p><p>On a passé des années à apprendre aux humains à utiliser des logiciels. On commence maintenant à apprendre aux IA à les utiliser pour nous. Je trouve ça bien plus intéressant qu’un nouveau chatbot capable de rédiger un email en trois secondes.</p><p>Même s’il faut encore vérifier qu’il n’a pas annulé le terrain de padel.</p><p>Et vous, qu’est-ce que vous seriez prêt à confier à un assistant IA, et qu’est-ce que vous garderiez absolument pour vous ?</p>","dek":"J’ai testé Instinct, un assistant IA personnel piloté depuis WhatsApp, du 22 août au 4 novembre 2026 : ce qu’il a vraiment fait à ma place, les erreurs qu’il a commises et la façon dont j’ai appris à lui déléguer.","quickTake":["En 75 jours, l’assistant a organisé une dizaine de parties de padel de bout en bout, de la création du compte au paiement et aux invitations, et décroché un rendez-vous commercial avec un grand groupe agroalimentaire.","Les petites tâches sont celles qu’il règle le mieux : une résiliation d’abonnement bouclée en 33 minutes, une réclamation, des courriers, des reçus classés, et une autorisation de voyage expirée repérée à temps.","Quand un agent agit, une erreur a une conséquence : une réservation de 84 € annulée par erreur, un compte scolaire verrouillé, une invitation envoyée sans mon accord, des chiffres faux affirmés avec assurance.","Les protections anti-robots, les interfaces instables et les permissions bloquent encore beaucoup de tâches : ce n’est pas qu’une question de modèle.","Ma règle aujourd’hui : il agit seul quand l’erreur est réversible, il prépare et j’approuve dès que l’action part en mon nom, engage de l’argent ou touche à ma voix publique."]}